Queyries signifie "pierre".
Les pierres des coteaux de l'Entre Deux Mers
étaient transportés jusqu'à la Garonne, par
voie fluviale, le long des "esteys" (cours d'eau) qui
traversaient les plaines des Queyries, anciens marécages
nouvellement asséchés. Dans ces plaines fertiles,
on faisait pousser des vignes de palus, qui donnaient les vins
des Queyries, trés connus et appréciés au
XVIIIème siècle.
Lors de la construction du premier pont de Bordeaux,
le Pont de pierre, en 1822, les quais Queyries et Deschamps, l'un
en aval, l'autre en amont du pont, sur la rive droite, dans le
quartier de la Bastide, commencèrent à s'industrialiser.
Les industries firent disparaître les vignobles. La première
grande gare bordelaise, desservant la ligne Bordeaux Paris, fut
construite sur le quai des Queyries en 1852. La Bastide était
riche et puissante. La ville de Bordeaux réussit alors,
après de nombreuses difficultés, à annexer
ce quartier qui faisait pourtant partie de la commune de Cenon.
En 1865 Cenon la Bastide devint Bordeaux Bastide.
Le quai des Queyries, avec sa gare, sa gare
maritime, ses appontements, ses entreprises, ses usines, son transbordeur
aérien pour le charbon, ses docks, ses chantiers navals,
connut jusque dans les années 1950 une prospérité
inégalée.
Abandonné à partir des années
1970, il se couvrit de friches industrielles envahies par les
ronces. C'est ainsi que nous l'avons connu.
B. Lacombe
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